Exposition de restitution

Du 10 décembre 2016 au 11 février 2017, la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges a accueilli dans son hall l’exposition Sublime de Voyage, retraçant l’aventure de la 1re Biennale art nOmad 2015 et liée à la sortie du livre éponyme. Sa scénographie a été réalisée dans le cadre d’un atelier hors les murs par les étudiants de l’ENSA Limoges encadrés par Arnaud Borde (technicien d’assistance pédagogique) et Clorinde Coranotto (artiste, directrice de l’association art nOmad et enseignante).

L’enjeu d’une telle exposition était de retranscrire de façon dynamique le parcours réalisé lors de la 1re biennale art nOmad 2015. Il s’agissait de trouver des solutions plastiques cohérentes et pertinentes pour mettre en scène les différentes traces de cette performance à part entière, afin d’affirmer que cette biennale est bel et bien une oeuvre d’art totale (incluant l’édition et la scénographie de l’exposition à la Bfm). Elle n’a donc pas présenté physiquement les oeuvres des artistes sélectionnées par Paul Ardenne pour le voyage, mais un ensemble de dispositifs d’intervention en lien les uns avec les autres.

C’est en pensant le projet de cette exposition à la Bfm de Limoges que la structure du livre de la biennale a d’ailleurs été conçue. Ainsi le livre comprend 8 chapitres principaux, correspondant aux 7 grandes étapes de la Biennale art nOmad + 1  « nOmad’s land » consacré au passage entre la France et l’Italie. Et comme art nOmad est un centre d’art d’intervention, s’est très vite imposée l’idée de créer pour la Bfm des espaces prenant la forme de 7 îlots correspondant également à ces différentes étapes de la biennale + d’1 « nOmad’s land » matérialisé par des images ponctuant l’espace. De plus, afin d’affirmer les partis pris de cette biennale (et de faire émerger son ADN), l’exposition a pu être appréhendée non seulement de façon chronologique mais aussi thématique. À l’entrée de la Bfm, s’est ajouté en plus de ces 7 îlots, un petit espace consacré au processus de fabrication du livre. Entres autres, y ont été rassemblés : les plaques d’impression offset, le livre blanc relié, les outils, des essais ratés, la maquette dans sa valise…
Puis, le visiteur était invité à découvrir les 7 îlots dont chacun d’entre eux correspond à une étape de la biennale et à une partie du livre :
– Îlot n°1 : Le lancement à Paris au Chapitre 1 : « Le mariage des extrêmes rendu possible »
– Îlot n°2 : Le vernissage à l’ENSA Limoges au Chapitre 2 : « Le sempiternel rituel avec baptême auréolé du camion »
– Îlot n°3 : Le départ d’Arnac-la-Poste au Chapitre 3 : « La genèse du projet et de son convoi exceptionnel »
– Îlot n°4 : L’étape 1 au Palais idéal du facteur Cheval à Hauterives au Chapitre 4 : « Le culte de la création joyeuse et partageuse »
– Îlot n°5 : L’étape 2 au château des Adhémar à Montélimar au Chapitre 5 : « Le dialogue entre les oeuvres »
– Îlot n°6 : Les étapes 3 à l’ESADMM et 4 au MAC à Marseille au Chapitre 6 : « La transmission comme acte de création »
– Îlot n°7 : L’arrivée sur la place du marché de Marghera-Venise au Chapitre 8 : « L’essence d’une telle entreprise »

La scénographie de cette exposition a été conçue et mise en oeuvre dans le cadre d’un atelier hors les murs, conduit par Arnaud Borde (technicien d’assistance pédagogique) et Clorinde Coranotto (enseignante) et mené en novembre et décembre 2016 avec des étudiants de l’ENSA Limoges de 3e et 4e année : Fanny Cavan, Alice Colin, Camille François, Thibault Gibierge, Kawthar Hoummada, Antoine Lainé, Hyjoo Lee, Jérémie Marié, Madeleine Saraïs, Narae Shin, Nour Slimani, Marjorie Tirollois et Xiran Zhang.

Voici les partis pris de cette scénographie :
– Le parti pris général a été de travailler à partir de l’identité de la 1re Biennale art nOmad, une biennale trait d’union entre différents lieux d’art ou pas, entre artistes et non artistes, affirmant son caractère participatif et éducatif ;
– Une scénographie qui affirmait le côté expérimental inhérent à cette biennale (sous la forme d’une performance) et qui a été est élaborée dans le cadre d’un atelier avec l’ENSA Limoges, atelier s’interrogeant sur la manière de valoriser les traces de cette expérience éphémère ;
– Une scénographie s’interrogeant sur la matérialisation d’un parcours en hiérarchisant son contenu avec des mises en scène à chaque fois particulières ;
– Une scénographie démontable et modulable avec réduction des volumes (limitant les problèmes de stockage et de transport). La plupart des matériaux utilisés ici possédaient une histoire et feront l’objet d’un réemploi leur permettant de continuer leur cycle de vie ;
– Une scénographie construite principalement à partir de matériaux récupérés dans une ressourcerie (partenaire de l’association depuis 1999), ceci dans une volonté de sensibiliser autrui aux problématiques environnementales et en conformité avec le principe d’art nOmad (créant en priorité à partir de l’existant) ;
– Une scénographie pensée et réalisée avec un budget minimum privilégiant les installations légères et des constructions avec des produits trouvés localement ;
– Une scénographie invitant les visiteurs à interagir sur différents espaces et dynamisant ainsi leur perception en créant une synergie entre les éléments scéniques comprenant, entre autres, des structures ouvertes à plusieurs plans horizontaux.