Emmanuel Régent

Emmanuel Régent est né en 1973 à Villefranche-sur-Mer. Il vit et travaille à Villefranche-sur-Mer.

Surtout connu pour ses dessins volontairement lacunaires, toujours réalisés au feutre noir très fin, Emmanuel Régent développe également une pratique sculpturale et picturale. Ses toiles, titrées Nébuleuses, sont constituées de différentes strates de peinture monochrome qu’il ponce par endroits de façon à y révéler les couleurs dissimulées. Ses sculptures, parfois monumentales, peuvent aussi être le fruit d’une récupération, de discrètes transformations, d’une sublimation aléatoire. Au sein des espaces de Régent, des « espaces de divagation, d’égarement géographiques et temporels », l’absence, l’effacement rencontrent souvent la prolifération et le recouvrement.

L’œuvre d’Emmanuel Régent joue sur la discrétion et l’effacement et préfère invariablement le peu à l’excès. Ce parti-pris lui permet de créer un art discret qui s’accorde au monde sans outrance. « Je pratique le dessin presque quotidiennement avec un intérêt particulier pour ce qui représente la lenteur, l’attente, le vide ou l’absence […], je mets en place des principes d’apparitions instables pour inviter le regardeur à combler des absences. » Emmanuel Régent propose ainsi des « manques » à compléter par le regard : il s’agit pour lui de « construire des espaces de projections ouverts, des espaces de suppositions, de divagations, de dispersions… », de proposer des interstices, et des rythmes comme des pauses.

Pour la 1re Biennale art nOmad — Sublime de Voyage, Emmanuel Régent propose Meltem, un joyau d’argent qui semble un papillon, un phalène, un oiseau peut-être : en réalité, une mâchoire de dorade ; et un tableau de nuit. Car Emmanuel Régent, homme de la côte, pêche autant qu’il dessine, il pêche presque quotidiennement, notamment, en été 2014, à bord de la goélette scientifique Tara dans laquelle il effectue une résidence d’artiste. Couché sur le pont, la nuit, il regarde le ciel de l’Égée et ses étoiles, et le jour revenu, peint ses rêves de la nuit avec cette technique si particulière qui lui est propre : couches de peintures multiples, recouvertes de noir, puis ponçage pour faire apparaître la lumière astrale, fragile et tremblante.

Pour en savoir + : http://www.emmanuelregent.fr/

Emmanuel Régent : Les nuits de Meltem, 2011/2014. 20 x 15 cm env., argent. Courtesy de la galerie Analix Forever, Genève. Accompagnée de : Nébuleuse, 2014. 30 x 37cm, peinture acrylique poncée sur bois. Courtesy de la galerie Analix Forever, Genève.