Fred Mars Landois

Fred Mars Landois est né en 1975 à Saint-Martin-d’Hères. Il vit et travaille à Lyon et à Décines.

Fred Mars Landois recourt pour s’exprimer à tous les médiums possibles et imaginables : photo, installation, peinture, sculpture, accrochage en espace public. Créateur d’une « Mars Factory », dans le sillage d’Andy Warhol, il fait volontiers réaliser ses propres œuvres par des spécialistes. Il garde en contrepartie la haute main sur les contenus, tous signalés par une irrévérence notoire, un refus d’accepter l’ordre du réel, un point de vue contestataire.

Artiste post-situationniste, tout à la fois désabusé et plein d’espoir, Fred Mars Landois « détourne » de manière euphorique, dans le sens du négatif, avec cette obsession, ébranler les valeurs, rendre le sérieux suspect. Les jeux de langage, chez lui, sont fréquents, avec un goût prononcé pour l’allitération, dans le genre de Raymond Roussel : Babel a fait des tours que des balles pas belles ont démoli un jour, ou pour les formules de tournure intrigante : Mes revenus sont repartis, ou encore Est-ce qu’un homme tronc peut être Français de souche ? Ces jeux de langage, dans certains cas, confinent à l’absurde. Je te veux pour me confétire en toi, une grande photographie retouchée, est un pastiche de la fameuse affiche américaine où l’Oncle Sam, tendant vers le spectateur un index autoritaire, exige de ce dernier sa prompte intégration dans l’US Army pour aller combattre en Europe. À cette variante près : c’est l’artiste en personne, grimé en Oncle Sam de foire, qui tend l’index vers le spectateur, sur fond coloré de confettis, geste accompagné, en lettres claquantes, de la mention sibylline qui donne son titre à l’œuvre. Si l’on peine à comprendre le sens de cette instante demande, aucun doute en revanche sur la position de l’artiste — le fun, l’irrespect, le mauvais traitement infligé aux icônes.

Pour la 1re Biennale art nOmad — Sublime de Voyage, Fred Mars Landois propose son Nu descendant les poubelles, photographie inspirée de Marcel Duchamp. La femme nue descend bien, tout comme le dictait Duchamp, un escalier, mais celle qu’a choisi de nous montrer Fred Mars Landois apparaît avec un sac poubelle dans chaque main. Et voici le sublime de voyage lui aussi « dérouté », à l’intérieur d’une poubelle.

Pour en savoir + : http://www.mars-factory.com/MARS_FACTORY/ACCUEIL.html

Fred Mars Landois : Nu descendant les poubelles, 2012. Photographie couleur, 30 x 35 cm. Cliché : © Julie Mezzafonte.
Publicités