Maro Michalakakos

Maro Michalakakos est née en 1967 à Athènes (Grèce). Elle vit et travaille à Athènes (Grèce). Elle est diplômée de l’école nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy.

L’univers de Maro Michalakakos, notamment dans ses sculptures qui souvent, d’une manière ou d’une autre, ont un lien avec l’intérieur domestique, classiquement féminin, de par leurs formes ou plus encore leur matière, parlent d’angoisses profondes devant le pouvoir, de l’autonomie toujours au risque d’être cannibalisée, des inconnus du corps et de son vieillissement, de la mort, mais avec un calme que l’on serait tenté de dire olympien dans le cas de l’artiste grecque. Ses tapis et tapisseries de velours rouge ou carmin, sur lesquels elle « sculpte » en relief perdu des images au scalpel ou au cutter, contiennent, de par leur forme, la dualité même de l’artiste et ses mises en tension entre, ici, la douceur du velours et l’agressivité du cutter, mais aussi, de manière plus symbolique, le féminin et le masculin, la disparition et la trace, le mouvement et l’emprisonnement, les références culturelles passées et leur présence rémanente dans notre contemporanéité.

Pour la 1re Biennale art nOmad — Sublime de Voyage, Maro Michalakakos adapte une pièce précédemment montrée au MAC Lyon dans le cadre de l’exposition « Motopoétique », en février 2014. Des velours couleur pourpre, portant la trace du voyage — un voyage en moto, en l’occurrence ­—, tapissent l’intérieur du camion et le transforment en ce qui semble devenir une chapelle, un lieu sublime, sacré, espace hors du commun comme devraient l’être tous les espaces dédiés à l’art. Combien d’églises, de châteaux du Moyen-Âge, de lieux industriels exemplaires ont d’ores et déjà été « désacralisés » pour servir le sublime du XXIe siècle ? Effet de la création toujours renouvelée, et de cet « âge démocratique de l’art » dans lequel toutes les formes trouvent leur place. Le camion de Clorinde Coranotto — le camion de la biennale art nOmad —, revêtu à l’intérieur de velours pourpre, se voit quant à lui « resublimé » en théâtre classique, scène d’une création contemporaine aussi modeste qu’extravagante.

Pour en savoir + : http://maromichalakakos.com/

Maro Michalakakos : Itinéraire gravé, 2013. Velours pourpre gratté. Dimension variable. Courtesy de l’artiste, Athènes.
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