mounir fatmi

mounir fatmi est né en 1970 à Tanger (Maroc). Il vit et travaille à Paris.

L’œuvre de mounir fatmi, prolifique et prenant des formes multiples (sculpture, installation, vidéo, écriture, dessin, peinture murale…), nous parle de l’humain, des cultures des uns et des autres et comment celles-ci trop souvent s’entrechoquent et mènent à la confrontation. Le fil rouge qui traverse et lie l’ensemble des créations de fatmi est l’affirmation que seules l’ouverture, la rencontre des cultures, la compréhension du langage de l’autre — et la beauté — sont à même de sauver le monde.

L’un des paradigmes que fatmi a choisi pour illustrer ce concept est celui du baiser. Pas n’importe quel baiser puisqu’il s’agit du baiser de Casablanca, le baiser le plus long de l’histoire du cinéma, entre Humphrey Bogart et Ingrid Bergman… Il s’agit aussi d’un « baiser » plus scientifique, celui qui fait se rencontrer les cercles : il s’agit alors du baiser analysé selon le théorème de Descartes, repris par Frederik Soddy. La rencontre d’un cercle avec un autre, avec plusieurs autres, et des tangentes de ces cercles. Toutes les obsessions de fatmi se retrouvent incluses dans ce baiser — le noir et blanc, la science, essentielle ici, la connaissance et l’archive, la poésie, la beauté. « The Kissing Precise, écrit alors mounir fatmi, relie un Kiss hollywoodien et le film de mon adolescence à mes obsessions conjuguées de maîtrise et de poésie, incluant un chimiste prix Nobel, une géométrie de sentiments, un improbable poème sur la rencontre des cercles et finalement deux jeunes gens marocains qui grâce à leur amour mettent en ébullition la société et le monde dans lesquels je vis. Oui, tout est désir, tout est poésie, tout est science, tout est art aussi et finalement, tout est politique. »

Pour la 1re Biennale art nOmad — Sublime de Voyage, mounir fatmi propose L’anneau (2014), une photographie de sa propre main, éminemment féminine, avec les lignes de sa paume comme les tangentes du cercle, l’anneau, l’alliance qu’elle contient. La main ouverte : le lien, l’anneau, l’alliance, paradigmatique de l’approche de fatmi : à la fois conceptuelle et esthétique, personnelle et universaliste, poétique et politique.

Pour en savoir + : http://www.mounirfatmi.com/

mounir fatmi : The Ring [L’Anneau], 2014. Impression encre à pigment sur papier baryté. 15 x 21 cm. Courtesy de la galerie Analix Forever, Genève et de l’artiste.
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