Rachel Labastie

Rachel Labastie est née en 1978 à Bayonne. Elle vit et travaille à Bruxelles (Belgique).

Rachel Labastie a un rapport à la matière à la fois intime et puissant, conceptuel et physique, contemporain et ancré dans les pratiques séculaires de la terre crue et cuite, anxieux et plein de joie, joie de créer, de transformer, d’inclure toutes les formes, joie de construire un monde qui tienne compte du poids de notre condition humaine tout en ouvrant des portes. Rachel Labastie pose un regard critique sur les modes d’aliénations physiques et mentales produits par une société toujours plus encline à contrôler les corps et les esprits et, dans un permanent jeu de forces contraires, elle nous invite à voir au-delà de l’apparence des choses. Ses œuvres sont empreintes de la forte sensualité que génèrent la terre et le feu, une alliance qui renvoie aux plus anciennes techniques de création artistique et dont la manipulation se révèle, pour l’artiste, des plus exaltantes. Choix précis de la matière première et de la température de cuisson, traitement des surfaces comme contrôle des effets de la chaleur sur le matériau : une telle technicité assimile le travail de l’art, à rebours du « jeté » et de l’expressionnisme, à une spécialité requérant les plus hautes compétences. Tension pratique vers l’ascèse, vers l’exercice exécuté en perfection. L’œuvre de Rachel Labastie se déploie en fonction des relations entretenues par l’artiste avec sa propre vie et ce dont cette vie est faite, outre ce par quoi elle est défaite ou risque de l’être. Les objets que l’artiste crée se situent à égale distance de l’intimité et de l’universalité de la condition humaine et servent tout à la fois d’illustrations, de contrepoids et de remèdes à la destinée, sur un mode d’être tenant de l’inventaire (ce qui est), de l’enchantement (ce qui exalte), de la thérapie (ce qui sauve).

Pour la 1re Biennale art nOmad — Sublime de Voyage, Rachel Labastie présente une paire de bottes — mais de céramique. Bottes de voyage ? En rêve peut-être mais dans la réalité de l’objet, elles semblent avant tout s’ancrer dans la boue, mesurer le poids du corps et son attachement irrémédiable au sol, peser leur pesant de matière aux pieds de qui les chausserait. La possibilité du voyage, et son empêchement, d’un même tenant, d’une même botte, inclus dans la même œuvre.

Pour en savoir + : http://www.rachellabastie.net/

Rachel Labastie : Bottes, 2012. Céramique et enfumage. Deux fois 36 x 10 x 28 cm. Courtesy de la galerie Odile Ouizeman, Paris. Cliché : © Charles Devoyer.
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